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Tévennec

Tévennec: choix du site et construction

Le phare de Tévennec est situé dans la partie nord du Raz de Sein au large de la pointe du Van. Il participe avec le feu de la Vieille au balisage du dangereux Raz de Sein. Avec la construction du phare de l’Ar Men débutée en 1867, la construction de Tévennec (1869) puis celle de la Vieille (1879) complétaient le dispositif de sécurisation depuis la pointe du Raz jusqu’à l’extrémité ouest de la Chaussée de Sein.

Tévennec: choix du site et construction

Architecture et construction
Dessinés en 1869 par l’ingénieur Paul Joly, également responsable de l’architecture d’Ar Men, les plans de l’établissement
de Tévennec prévoient, pour le phare lui-même, une tour carré de 11 mètres et une maison d’habitation, destinée au gardien, jouxtant la tour. Une plate-forme, rehaussée d’un mur de protection, entoure le bâtiment, construit pour l’essentiel à l’aide de pierres extraites directement de l’îlot. L’escalier qui conduit au débarcadère est quant à lui taillé à même la roche. Notons que ce rocher porte depuis des siècles une légende comme étant la destination de la « barque des morts » quittant la baie des trépassés. Préconisée par la commission des phares dès 1860, mais commencée en 1869, la construction s’achève, malgré la récalcitrance des ouvriers locaux à travailler sur ce lieu hanté, cinq ans plus tard. Le feu du phare de Tévennec est mis en service pour la première fois le 15 mars 1875.

Caractéristiques
• Élévation : 11 mètres
• Feux : éclats blancs et rouges
• Portée : 9 milles (secteur blanc) / 6 milles (secteur rouge)
• Automatisation : depuis le 7 février 1910

Un phare hanté ?
Tévennec: choix du site et constructionCompte tenu des particularités du site, ce n’est pas vraiment un phare de haute mer soit un «Enfer», selon la classification inventée par les gardiens. Et c’est à peine un «Purgatoire», c’est-à-dire l’un de ces phares installés sur une île. Le rocher sur lequel est érigé n’est même pas un îlot. La maison-phare est fréquemment balayée par les embruns et il est très délicat d’y aborder, voire impossible, dès que la mer est formée. Le phare, de part ses sinistres légendes, jouit d’une très mauvaise réputation auprès des marins et des habitants du Cap Sizun. On raconte à son propos toutes sortes d’histoires : des gardiens qui deviennent fous en quelques mois, d’autres qui meurent brutalement, dont l’un, dans les bras de son épouse, qui l’aurait alors mis au saloir pour conserver son corps jusqu’à la relève suivante... Des cris lugubres, prêtés aux âmes des nombreux naufragés ayant trouvé la mort sur l’îlot, se feraient entendre de temps à autre, entre les rochers. Harcelantes, des voix ordonnent en breton : « Kers cuit, kers cuit... Ama ma ma fl ag », (Va-t’en, va-t’en, ici, c’est ma place). Si les récits dramatiques concernant les gardiens de ce lieu étaient en partie imaginaires, il n’en reste pas moins que l’erreur initiale de l’administration des Ponts et Chaussées est de ne pas avoir considéré Tévennec comme un phare de pleine mer. Classé en tant que fanal de quatrième catégorie, un seul gardien y a été affecté à l’origine, avec pour mission d’assurer son service à longueur d’année, comme ses confrères installés dans les maisons-phares du littoral (les «Paradis»). Or, la vie sur le rocher de Tévennec est aussi difficile que dans bien des phares en mer. L’administration installant à cet endroit à longueur d’année
un homme seul, sans lui garantir des périodes de relève régulières, c’était aller au devant de graves problèmes.

Tévennec: choix du site et construction

Le poids des légendes ?
Cela dit, les difficultés propres à ce poste n’échappent pas longtemps à l’administration des phares et balises. Dès juillet 1876, l’autorisation d’affecter 2 gardiens à Tévennec est décidée. Mais, les candidats restent rares et ceux qui acceptent le poste ont tôt fait de demander leur mutation. En décembre 1897, pour tenter de remédier à ces difficultés de recrutement, il est décidé que Tévennec serait désormais desservi par un gardien accompagné de sa femme, qui assurerait les fonctions d’auxiliaire pour un salaire de 50 francs par mois. Un premier couple s’installe dès la fin de l’année : les Milliner. Trois ans plus tard, ce sont les Quéméré qui prennent la relève. Ils resteront cinq ans à ce poste, presque un record pour le phare de Tévennec. Madame Quéméré, qui a donné naissance à trois enfants au cours de cette période, ira même jusqu’à dire,vers la fin de ses jours, qu’elle a passé sur cet îlot inhospitalier quelques uns des meilleurs moments de sa vie... Le ravitaillement de l’île s’effectue alors toutes les deux semaines, «temps permettant» bien sûr, ce qui est loin d’être toujours le cas. Mais, les Quéméré jouissent alors des services de quelques poules et d’une vache, importée avec son fourrage, car aucune herbe ne pousse sur Tévennec. Ils engraissent également un cochon.

Tévennec, enfer ou paradis ?
À coup sûr un phare pas ordinaire.
Toutefois, après cette trêve relative dans l’histoire cahotique et malheureuse des gardiens du phare de Tévennec, les démissions et les plaintes reprennent de la part des successeurs des Quéméré. Tévennec: choix du site et constructionLes malheurs reprennent avec le gardien Roparz et son épouse, en 1907. C’est d’abord le beau-père du gardien, en visite, qu’une lame emporte, puis le couple perd un nouveau-né à la suite d’un accouchement difficile. Le toit de la maison est arraché par un ouragan peu de temps après. Finalement, face à ces difficultés, l’administration des Ponts et Chaussées renonce à faire garder Tévennec et y installe en 1910 un feu permanent (réalimenté tous les 6 mois). Depuis, plus personne n’a habité à Tévennec qui fut le premier phare, en mer, automatisé. Quoi qu’il en soit, la crainte inspirée par le phare hanté du Raz n’a pas pris une ride et il suffit d’interroger quelques marins Sénans ou Capistes pour s’entendre répondre d’un air entendu : « Méfie-toi du Tévennec ».


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